Édito

On a longtemps considéré que les problèmes fonciers se restreignaient à des difficultés juridiques et techniques, panachées de considérations économiques et qu’une bonne dose d’ingéniosité et de bon sens suffisait à les résoudre ; en définitive la maîtrise des sols et celle de la consommation des espaces sont des préalables à toute politique d’aménagement, de développement et de cohérence des territoires : les politiques foncières sont donc des leviers d’anticipation, des actions qui se doivent transversales bien au-delà de la simple différence de zonage.

Bien évidemment, les spécificités locales sont autant de critères qui permettent d’ajuster, de pondérer les grands axes d’action d’un opérateur comme l’EPFL : permettre d’adapter des espaces pour se déplacer, se loger, se nourrir, travailler, préserver notre environnement et nos richesses, notre cadre de vie, relayer les politiques nationales, régionales et départementales, comme les besoins locaux qui s’y intègrent, sont autant de compétences et d’actions que met en œuvre l’EPFL de la Savoie.

L’adhésion de 257 communes et des intercommunalités confirme la cohérence des orientations prises, devenues partagées et amplifiées, d’autant plus si l’on considère le nombre d’opérations sollicitées et réalisées.

L’adaptation constante aux évolutions règlementaires, l’augmentation des sollicitations et besoins des différentes collectivités obligent à la réactivité et à la pertinence des solutions mises en œuvre par l’EPFL au travers de ses différents « métiers », à tel point que le volume des investissements en fonds propres abondés par la taxe spéciale d’équipement (maintenue à l’un des niveaux les plus faibles de France en Savoie) nécessite en outre la mobilisation des institutions bancaires et le montage « d’opérations combinées » avec nos différents partenaires actifs de l’aménagement des territoires.

La possibilité maintenant offerte par la Loi ELAN de constituer des structures de type foncière permettra d’agréger les capacités et compétences pour amplifier les actions … ce qui imposera aux demandeurs une discipline dans la maîtrise de leurs projets et l’obligation de clore les portages en temps et en heure afin de permettre la mutualisation des capacités de l’outil et ne pas obérer ses possibilités d’investissement considérant qu’il s’agit d’un droit de tirage illimité. Le « crédit » de portage ou d’ingénierie offert devient de plus en plus fonction du crédit que l’on peut accorder à la pertinence et à la durée de l’opération relayée, adossée à la capacité budgétaire de la collectivité sollicitante…

C’est à ce prix et sous ces conditions que l’EPFL pourra poursuivre avec efficacité et réactivité ses différentes missions au service des collectivités et territoires.

Monsieur Jean Marc LEOUTRE,
Président de l’EPFL